On a tous eu envie un jour de prendre le large pour changer de vie … Mais nul besoin de larguer les amarres et d’affronter les flots marins pour connaitre le bonheur de vivre sur l’eau, bercé par un doux clapotis, au plus près de la nature, tout en étant, quelquefois, à seulement quelques encablures du centre-ville ! La solution : acheter un bateau et en faire sa résidence. C’est possible et même très en vogue. Mais parce qu’un marin averti en vaut deux, voici quelques conseils afin que l’aventure ne tourne pas au naufrage.

Le choix du logement est une étape primordiale pour réussir un investissement locatif

Choisir son type d’embarcation

Péniche, voilier, bateau à moteur, sablière, chaland, houseboat, clipper… Il existe autant de types d’embarcations que de types de logements encrés sur la terre ferme ! De même, vous pourrez choisir de faire flotter votre bateau sur le domaine maritime ou en eaux douces. En termes de prix, il y a autant de bateaux pour se loger que de budgets.

Le prix fluctue en fonction du niveau de standing :

  • la taille du bateau,
  • la puissance de son moteur,
  • le nombre de cabines,
  • les espaces extérieurs aménagés ( terrasse(s), ponts(s) etc. ),
  • son état.

Au registre des détails qui comptent le plus : l’entretien de la coque, du moteur, de l’hélice, des rivets ou soudures, des varangues (ces poutrelles qui structurent le bateau).

Une visite technique détaillée s’impose et, si vous n’êtes pas expert, le mieux est de se faire accompagner par un spécialiste. Il est impératif, par exemple, de réviser une coque tous les dix ans à minima. Il est donc important d’exiger, de la part du vendeur, l’historique des réparations qu’il a pu effectuer.

Quelles sont les contraintes d’habiter sur un bateau ?

Outre le fait de s’habituer à vivre avec le tangage récurrent, vivre sur un bateau sous-entend s’accommoder de quelques odeurs, de l’humidité et d’une cohabitation souvent partagée avec les moustiques ; rien de bien méchant au regard du sentiment de liberté et du plaisir que procure ce type d’habitat aux passionnés. Quelques contraintes techniques également : par exemple, le fait d’ajuster les cordages d’amarrage en cas de montée ou de baisse du niveau d’eau…

Coté administratif, un prérequis si vous achetez un bateau pour l’amarrer sur le domaine public et y vivre : souscrire une « Convention d’Occupation Temporaire » (COT), qui va autoriser votre embarcation à stationner à un endroit donné. Pour l’obtenir, il suffit d’adresser une demande à la Direction Départementale de l’Equipement (DDE) dont vous dépendez. Vous devrez fournir le certificat d’immatriculation du bateau ( sa « carte grise »), mais aussi un plan de sondage (forme de rapport d’expertise) valide, ainsi qu’un compte-rendu de visite du chantier qui a procédé au dernier plan de sondage.

Attention, sans la COT, votre bateau est facilement expulsable.

Une fois cette autorisation obtenue, vous devrez verser une redevance annuelle, calculée en fonction du lieu d’amarrage, et de la surface de votre bateau-logement.

En termes d’impôts, il est à noter que le bateau est un bien mobilier et non immobilier. Vous êtes donc propriétaire d’un bateau, mais locataire de l’emplacement qu’il occupe. Malheureusement, cela n’exonère pas le propriétaire d’être tout de même souvent soumis à la taxe foncière !

Plusieurs critères sont ainsi examinés par les services fiscaux :

  • le bateau est-il utilisé comme une habitation ou bien pour une activité industrielle ou commerciale ?
  • Est-il rattaché ou non à un point fixe (à l’aide de cordages ou d’amarres) ?

Vous pourrez tenter d’être exonéré de taxe foncière si vous démontrez que votre remorque est conçue pour naviguer.  En revanche, si vous habitez sur votre bateau, vous n’échapperez pas à la taxe d’habitation, et à la taxe fluviale si – comme son nom l’indique – votre bateau est à quai sur un fleuve.

Il vous faudra enfin bien sûr acquitter les frais d’assurance intégrant la responsabilité civile, ainsi que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, et, éventuellement une taxe de séjour.

Vous pouvez, comme pour un logement sur la terre ferme, solliciter l’aide d’une agence immobilière pour vous dégotter le bijoux flottant de vos rêves. Quelques-unes sont spécialisées dans ce type d’habitat. Par ailleurs, il est bon de savoir qu’acquérir un bateau en profitant des taux attractifs d’un prêt immobilier est envisageable. Il faut que votre bateau ait vocation à être votre résidence principale. Il doit alors disposer de couchettes et d’un niveau de confort minimal permettant d’y habiter.