Les compagnies aériennes et les agences de voyages ont été les premières en France à être touchées par la crise du Covid-19. Depuis, toute l’économie est affectée par ce nouveau coronavirus et notamment les activités en lien avec le tourisme. Les sites communautaires de réservation de logements comme Airbnb ou Booking le sont particulièrement tout comme les propriétaires de ces appartements et maisons.

Le modèle « Airbnb » lourdement impacté

Airbnb est une firme multinationale représentant des logements dans plus de 100 000 destinations à l’échelle planétaire. Au cours des cinq dernières années, le marché de la location de courte durée a connu une formidable envolée du fait de la popularité d’Airbnb mais aussi de Booking et des autres plateformes qui simplifient la mise en relation entre propriétaires et clients. Une étude de la DBS Bank révèle qu’en 2018, ce marché représentait plus de 29 milliards de dollars en Europe, 50 milliards en Amérique du Nord et 7 milliards de dollars en Asie.

Avec la crise mondiale, la firme américaine Airbnb traverse une impasse économique. La pandémie dangereuse que constitue le coronavirus Covid-19 provoque un effondrement de la demande du fait des mesures de confinement et d’interdiction de mobilité.

Pour fidéliser sa clientèle, Airbnb a adopté des mesures d’annulation gratuite et de remboursement complet des réservations effectuées au plus tard le 14 mars 2020, et dont les expériences Airbnb sont prévues entre 14 mars 2020 et le 14 avril 2020. Concernant Booking, leur modèle est mixte puisqu’il comprend des logements de particuliers mais aussi des chambres d’hôtels. Le remboursement se fait au cas par cas avec l’hôte.

Quelles répercussions pour les propriétaires de logements Airbnb ?

La compagnie Airbnb a certainement fait des heureux dans le rang des voyageurs lorsqu’elle a prise des mesures permettant de dissoudre les réservations partout dans le monde et d’obtenir un remboursement complet. Cependant, ces différentes mesures ont rendu furieux les propriétaires qui par la plateforme Airbnb offrent des services de location d’appartement et de villas.

Airbnb fonctionne comme un eBay de l’hébergement, mettant en relation les voyageurs et les propriétaires qui proposent des maisons, des appartements et des lieux de séjour. La multinationale américaine laisse le choix aux hôtes de fixer leurs propres prix et leurs conditions, y compris les critères d’annulation. Mais une des conditions d’Airbnb comprend une clause de « circonstance atténuante » permettant aux voyageurs en cas de force majeur, d’annuler sa réservation même lorsque les réglementations des hôtes ne l’autorisent pas. Avec le coronavirus, la licorne américaine a permis dans un premier temps aux propriétaires d’autogérer les annulations. Toutefois, Airbnb a modifié à maintes reprises sa politique en matière de circonstances atténuantes, finissant par donner la liberté aux voyageurs d’annuler leurs réservations.

Dans un entretien avec Business Insider US, les hôtes affirment comprendre l’urgence de la situation et les raisons pour lesquelles les voyages sont annulés. Plusieurs d’entre eux ont commencé à rembourser les clients qui suspendaient leurs voyages, nonobstant leur politique d’annulation stricte. Cependant, ils sont mécontents de n’avoir pas été informé des mesures, avant leur mise en application, déplorant que l’entreprise ait agi seule.

Avec le coronavirus les propriétaires de biens immobiliers sont frappés de plein fouet par les annulations. Ils ont perdu leur business et seront complètement à sec pour ces semaines de confinement. Ce qui inquiète le plus, c’est que les locateurs de logements ont, pour une grande part d’entre eux, des prêts immobiliers ainsi que des charges fixes. S’ils peuvent demander un report de leurs mensualités à la banque, la situation ne peut durer trop longtemps.

La conséquence est que de nombreux logements réservés pour la location courte durée à destination des voyageurs passent en location meublée classique. Cette tendance ne s’est pas fait attendre et les annonces se multiplient sur les services en ligne. Cependant, les propriétaires qui ont surpayés leur appartement ou leur maison en espérant une rentabilité élevée en location de courte durée se retrouvent dans l’impasse. Leur bien immobilier a perdu de la valeur et le loyer d’une location classique ne peut couvrir les mensualités de leur lourd investissement. Si la crise sanitaire dure plusieurs mois impactant durablement le tourisme, ils risquent de n’avoir pas d’autres choix que de brader leur bien immobilier.

Impacts multiples pour les locataires et les acheteurs

Avec ce chamboulement de tout le système Airbnb, le nombre de logements disponibles sur les plateformes risque de diminuer. Une fois la crise terminée, les voyageurs de tourisme et d’affaire risquent fort d’avoir moins d’offres. Deux scénarios sont alors possibles. Soit la mobilité reprend de plus belles, alors une hausse des tarifs de location devrait avoir lieu. Soit les voyages sont en net recul avec un tarif de location qui se stabilise.

Mais cette crise sanitaire aura des répercussions également sur le marché transactionnel. Celui-ci sera plus concurrentiel avec la vente d’anciens logements de type Airbnb. Dans les villes touristiques, une baisse sensible des tarifs des biens immobiliers est à envisager.

Le Covid-19 aura de multiples impacts sur l’économie française. Le marché de la location courte durée sera fortement impacté avec des répercutions sur le marché immobilier classique. Si certains vont y laisser des plumes, d’autres sont déjà à l’affût des bonnes affaires pour réaliser des investissements rentables.