Un coup de vis sur l’octroi des crédits immobiliers a déjà été donné par les autorités en début d’année. C’est en effet par la voix de Haut conseil de stabilité financière ( HCSF) que des consignes strictes ont été transmises aux banques afin que ne soient plus dépassés, ni le taux d’endettement de 33%, ni une durée d’emprunt supérieure à 25 ans. La récente crise sanitaire va-t-elle encore aggraver les choses ? Personne n’est capable de lire dans le marc de café, mais quelques hypothèses peuvent tout de même être avancées concernant l’évolution des taux et des octrois de prêts…

Des taux qui vont probablement remonter

Le principal outil d’anticipation des taux sont les Obligations assimilables du Trésor ( OAT). Il s’agit des titres d’emprunts émis par l’Etat Français pour une durée de 2 à 50 ans. L’Etat a créé ce système de financement en 1985 afin d’éviter de souscrire des prêts bancaires. Depuis 2001 l’Agence France Trésor gère la trésorerie de l’Etat et s’occupe des obligations. Dit plus simplement…Les banques ne fabriquent pas d’argent : elles empruntent à d’autres entités, puis prêtent elles-mêmes à un taux supérieur, dégageant ainsi une plus-value.

L’État français est ainsi à la fois prêteur et emprunteur auprès des banques françaises. Il emprunte sur les marchés financiers en émettant des obligations, et prête en retour aux banques. Ces obligations prennent le nom d’OAT et servent d’indicateurs, afin de prévoir les variations à venir sur les taux d’emprunts des particuliers. En effet, en surveillant les variations de l’OAT on peut estimer si la tendance est à la hausse ou à la baisse. Il ne s’agit cependant bien que d’estimations, et non d’une science absolue ! Les banques françaises utilisent généralement l’indice OAT taux fixe 10 ans pour axer leurs taux immobiliers. Quand l’OAT 10 ans est à tendance baissière, il est fort probable que les taux fixes baissent également. A contrario, quand l’OAT 10 ans est à la hausse, il est quasiment inévitable que les crédits immobiliers à taux fixe suivent le mouvement et augmentent eux-aussi.

Or, il se trouve que l’OAT, depuis le début de la crise sanitaire, connait une forte hausse, étant passé de -0.34% à 0.38% en une semaine…

Octroi de prêts… Les banques plus timorées ?

Nous vivons une situation économique complètement inédite : une activité quasi à l’arrêt, 1/3 de la population au chômage partiel et des marchés financiers en chute libre aux quatre coins de la planète. Tout cela ne semble pas favoriser la mise en place de prêts immobiliers. Et pourtant… Dès le début de la crise, la Banque centrale européenne ( BCE) a annoncé une série de mesures exceptionnelles pour encourager les prêts. Par ailleurs, confinement oblige, les demandes de prêts chutent, ce qui pourrait encourager les banques à in finé – à maintenir des taux bas, quitte à rogner sur leurs marges, afin de relancer la machine dès la crise achevée…